Lean : Caillou ou Marteau ?

6 mai 2015

Paul Akers, président de Fastcap et pilote infatigable de l’amélioration continue dans son entreprise – il est tombé dans la marmite du lean – a réalisé récemment une vidéo que j’aime bien.

Pourquoi ?

Il a mis en vidéo ce qu’un de mes senseis, Sammy, un ex-Toyota, a mis en dessin dans l’introduction de son cours sur le A3 de résolution de problèmes.

Quel outil allez-vous utiliser pour planter un clou ?

Et si jamais par hasard vous trouvez le bon outil, allez-vous l’utiliser de la bonne façon ?

Et si par hasard vous trouvez le bon outil, que vous l’utilisez de la bonne façon, allez vous l’utiliser au bon endroit pour obtenir le bon résultat ? De façon répétable ?

Ne rigolez pas, j’observe dans 100% des cas des entreprises qui pratiquent le Lean de la même façon. Avec les mêmes résultats. Avec un caillou on plante le clou. Mais rarement deux fois de la même façon et avec la même qualité.

Je ne vais pas leur jeter la pierre. Pourquoi ?

Je suis apiculteur amateur. J’utilise un enfumoir, je pose les hausses, je récolte du miel, je sais capturer un essaim, ceci depuis des années.

C’est en me formant auprès d’un des meilleurs experts mondiaux, que j’ai compris que j’étais un « apiculteur caillou. »

Mais pour cela il a fallu plusieurs conditions.

La première, je désirai ardemment me former, pour mieux faire, avec de meilleurs résultats, et moins d’efforts.

La deuxième, sa formation se fait sur le terrain, dans ses ruchers. Il nous montre, on fait.

La troisième, quand il n’est plus là, je pratique, dans mes ruchers. Quand je vois que je suis dans la merde, je me dis : il a raison, il utilise le bon outil, de la bonne façon, avec les bons résultats, et beaucoup moins d’efforts. Ce qui me permet de décider de changer mes pratiques. Et là, il y a du boulot.

C’est cependant plus facile que pour le Lean. Je suis le seul concerné, les abeilles n’ont pas leur mot à dire.

Pour le lean, le manager doit déjà décider de se changer lui même – son épouse à abandonné depuis longtemps l’idée de le faire évoluer-, mais ses équipes sont concernées – managers de terrain et opérateurs. Le plus gros rocher à bouger est malgré tout, le manager, car il sait tout et surtout utiliser des cailloux.

Pour vous former à l’apiculture, c’est ici.

Pour vous former au lean, c’est là.

Allez-vous lâcher vos cailloux ?

 

 

 


Le gaspillage de transport

25 juillet 2014

Il est surprenant de voir combien sont prêts à dépenser divers services de l’entreprise pour ne créer en définitive que du gaspillage de transport. Le plus magnifique exemple est celui-ci :

Combien d’argent dépensé pour zéro valeur ajoutée ?

Maintenant faites le tour de votre usine avec une fiche de relevés avec quelques intitulés du type :

– chariot élévateur,

– gerbeur,

– transpalette,

– convoyeur à bande,

– convoyeur à rouleau,

– robot de manutention,

– bol vibrant et accessoires,

– chariots « maison » sur roulettes pour le transport de composants et produits,

– bacs de manutention,

– etc. (tout ce qui coûte de l’argent, qui sert à déplacer des pièces, et qui n’apporte pas de valeur ajoutée au produit)

Bâtonnez à chaque appareil observé.

Faites les sommes d’appareils.

Multipliez par leur valeur d’achat.

Combien votre entreprise a t’elle dépensé en vain ?

Combien de personnes sont dédiées à utiliser ces appareils ?

Cela coûte combien à votre entreprise chaque année ?

N’oubliez pas d’ajouter les coûts de « prestations logistiques » parce que vos magasins sont « trop petits »…

Comprenez-vous maintenant pour Taiichi Ohno détestait les « ingénieurs à catalogues » ?

Ce n’est pas fini concernant le gaspillage de transport (distances inutiles, etc.). A suivre…

 

 

Publicité : Tous les détails sur le gaspillage de transport et les 6 autres gaspillages – surtout comment les détecter et lutter contre -, la fiche de relevés et les 6 autres outils de la qualité dans notre formation pratique sur le terrrain « les indispensables du lean ». Comment éviter de gaspiller son capital inutilement dès l’étape Ingénierie dans notre programme de formation « Lean Ingénierie »

 


Cadences

12 février 2014

« Augmentation des cadences » le haro est crié sur le lean.

Au lieu de jeter l’opprobre sur ce qui pourrait sauver l’emploi et l’industrie Française (– 800 000 emplois entre 2001 et 2011) , décortiquons ce qu’est une CADENCE et voyons l’apport positif du lean dans ce domaine.

1/ Voyons la définition de CADENCE (portail lexical du CNRS):

Musique : Succession d’accords selon certaines règles harmoniques, terminant une phrase musicale.

Chorégraphie : Mesure qui règle le mouvement de celui qui danse.

Art militaire : Le mouvement réglé du pas. Nombre de coups qu’une arme à feu peut tirer en un temps déterminé.

Ciné : Vitesse de défilement du film dans la caméra ou dans le projecteur.

Industrie : Rythme du travail et de la production d’un ouvrier.

Une cadence est donc un rythme auquel sont exécutés des mouvements.

Allez savoir pourquoi, en dehors du lean, CADENCE est souvent synonyme de « galère ».

cadence synonyme de galere

2/ TAYLORISME

Frederick Winslow Taylor fit partie des premiers, avec Gantt, Gilbreth, etc. à chercher à Lire le reste de cette entrée »


La courte histoire de FastCap (16 ans !)

1 octobre 2013

FastCap est une entreprise américaine dirigée par Paul Akers. Paul est  menuisier et installait des placards chez ses clients. Son souci de menuisier était les têtes de vis qui restent visibles après montage. Il utilisait des pions en plastique, mais ils étaient longs à poser. Alors il a eu l’idée de les remplacer par des pastilles autocollantes.

Premier changement dans sa vie d’entrepreneur : en 1997 il a fait une innovation. Là, sur le terrain, à son poste de travail, il a changé sa façon de faire qui ne lui convenait pas, à repéré le problème qui le gênait – 30 minutes pour poser tous les caches vis du placard qu’il venait d’assembler, à mis en œuvre son idée Lire le reste de cette entrée »


Les feux rouges

6 septembre 2013

Je profite de l’actualité d’aujourd’hui (Les feux rouges ont disparu à Abbeville) pour remettre en avant mon article prémonitoire sur le sujet.

Les feux rouges disparaitront totalement un jour, le jour ou plus de maires comprendront l’intérêt qu’ils ont à les supprimer – plutôt qu’a leur adjoindre des radars et des cameras pour les faire respecter, avec toutes les dépenses inutiles et gaspillages qui vont avec.

Mon propos n’est pas là. Ma question est : ne sommes nous pas tous dans nos entreprises, tels des maires, des installateurs de feux rouges à gogo ?

Le lean pose la même question : où sont arrêtés les produits qu’attendent vos clients avec impatience, et par voie de conséquence les euro qui font cruellement défaut à votre trésorerie ? Dans un bac sur une étagère du magasin des produits finis depuis des mois ? Dans un bac au pied d’une machine en attendant que la machine suivante soit libre ? Sur un bureau en attendant que votre collègue soit libre pour valider votre devis ou la facture ?

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La bonne question

17 mai 2013

Ce 7 mai 2013 au journal de France 2, le sujet choisi est « l’état du marché automobile en France ». Une comparaison est faite entre PSA / Renault avec une baisse de 32% de ventes et Toyota qui produit en France et exporte aux USA.

Recette miracle ?

Le journaliste se pose une première question  : « Toyota a t’il une recette miracle ? », avant de lancer le reportage.

Le reportage explique que TOYOTA va produire 202 000 véhicules à Valenciennes, qui est la quatrième usine automobile en France. 25 000 de ces véhicules sont destinés au marché Américain.

(Ici je fais un petit aparté : je suis allé configurer une Toyota Yaris 5 portes 100CV boite auto blanche sur le site Toyota.com et sur le site Toyota.fr. Résultat des « courses » : le prix US à Boston est de 16 190$, le prix Français est de 17 750 €. Le prix US exprimé en euros à 1.3$ pour 1€ est de : 12 454 €. Soit 70% du prix Français. Toyota fabrique en France et vend aux USA 30% moins cher, après avoir transporté les véhicules par bateau, et gagne de l’argent.)

Le reportage explique ensuite que cela a nécessité la création de 500 nouvelles pièces, la réorganisation de l’usine et l’embauche de 300 personnes. Les employés interrogés disent que cela pérennise leur entreprise et leur emploi, les syndicalistes se plaignent qu’on ne leur ait offert qu’un doughnut et un stylo pour l’occasion au lieu d’une prime de lancement.

Fin du reportage et retour sur le plateau. Deuxième question du présentateur du journal de 20 heures à son collègue : « Expliques moi comment ils font avec les conditions de salaires Françaises. Comment Toyota peut exporter vers les USA ? Quel est le secret ? »

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La différence Toyota

14 mai 2013

Plus je visite d’usines ou l’on me dit faire du lean, plus je décèle les différences fondamentales entre les employés et managers de Toyota et ceux des autres entreprises.

Pas d’atermoiements

Chez Toyota on ne réfléchit pas des années pour savoir si on va ou pas se donner les moyens de progresser ou pas. C’est maintenant dans leur ADN depuis le lendemain de la guerre de Corée. C’est une question de survie. Tout le monde sait que celui qui n’avance pas recule et finit par être un dinosaure au bout de quelques années. Nombre d’entreprises en difficulté sont des entreprises qui n’ont pas avancé et les ruines dans le paysage Français sont là pour en témoigner.

 

Leurs managers n’ont ni remis en cause leurs certitudes, ni investit dans leurs personnels ou leurs moyens de production, ni observé les modifications de leur marché, ni développé de nouveaux produits. Le monde économique va si vite qu’il faut être sans cesse sur ses gardes, flexible, et évoluer en permanence, ce qui fait normalement partie de l’ADN de l’homme.

Le lean est le résultat de cette mise en mouvement de Toyota et de 60 années d’expérience de mouvement. Le résultat est une entreprise en évolution permanente qui est passée du stade d’entreprise en ruine sous traitante de l’armée américaine au stade de premier constructeur automobile mondial, n’en déplaise à ceux prompts à brandir les chiffres de rappels de véhicules.

Le lean est une stratégie de survie et de développement.

Toyota a démontré sa capacité à survivre à une double menace conjuguée : une campagne de diffamation sans précédents aux USA, qui s’est soldée par une enquête négative des chercheurs Américains de la NASA, et un Tsunami suivi d’une menace nucléaire qui ont stoppé ses usines de composants clés. Quelle autre société automobile aurait fait face ?

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