Mon bureau de poste était lean…

18 février 2016

Vous avez bien lu le titre, le verbe est à l’imparfait, comme le processus.

On peut en effet dire que dans l’exemple qui va suivre « l’amélioration continue » est devenue « la dégradation continue ». Tout l’inverse du lean.

Voici le cas :

Je suis allé à mon bureau de poste porter un courrier pour lequel j’avais besoin d’un recommandé avec accusé de réception.

Je suis rentré dans le bureau de poste et j’ai attrapé (1) un formulaire de recommandation. Après un bref échange avec un premier préposé (A) j’ai rempli le formulaire (2). Le préposé (A) est parti vers un autre poste. Quand j’ai eu fini de remplir le formulaire une préposée (B) m’a dit « Je vais vous montrer, suivez-moi. » Nous nous sommes déplacés tous les deux jusqu’à une machine (3). Là elle a pris mon courrier, l’a posé sur une balance, a répondu à des questions qui apparaissaient à l’écran, m’a demandé de payer, a récupéré un timbre, l’a collé sur mon courrier ainsi que le formulaire recommandé, puis nous sommes retournés au guichet (4), ou elle a pris le courrier et l’a mis dans un bac en attente. Je l’ai remerciée et j’ai pris congé.

Voici le diagramme spaghetti du processus Après.

bureau_de_poste_après

En sortant de mon bureau de poste, je me suis dit « quel gâchis » tous ces déplacements inutiles. Puis m’est revenu en mémoire le processus que j’ai connu par le passé.

En (1) le préposé donnait le formulaire. En (2) je remplissais le formulaire, pendant que le préposé pesait le pli et imprimait le timbre. En (3) je payais et le préposé mettait le pli dans le bac.

Voici le diagramme spaghetti du processus Avant.

bureau_de_poste_avant

En conclusion : un bon diagramme spaghetti Avant / Après vous permet de vérifier que votre service lean a effectivement réalisé une amélioration au lieu d’une dégradation, avant de sortir votre portefeuille pour investir.

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Lean : Caillou ou Marteau ?

6 mai 2015

Paul Akers, président de Fastcap et pilote infatigable de l’amélioration continue dans son entreprise – il est tombé dans la marmite du lean – a réalisé récemment une vidéo que j’aime bien.

Pourquoi ?

Il a mis en vidéo ce qu’un de mes senseis, Sammy, un ex-Toyota, a mis en dessin dans l’introduction de son cours sur le A3 de résolution de problèmes.

Quel outil allez-vous utiliser pour planter un clou ?

Et si jamais par hasard vous trouvez le bon outil, allez-vous l’utiliser de la bonne façon ?

Et si par hasard vous trouvez le bon outil, que vous l’utilisez de la bonne façon, allez vous l’utiliser au bon endroit pour obtenir le bon résultat ? De façon répétable ?

Ne rigolez pas, j’observe dans 100% des cas des entreprises qui pratiquent le Lean de la même façon. Avec les mêmes résultats. Avec un caillou on plante le clou. Mais rarement deux fois de la même façon et avec la même qualité.

Je ne vais pas leur jeter la pierre. Pourquoi ?

Je suis apiculteur amateur. J’utilise un enfumoir, je pose les hausses, je récolte du miel, je sais capturer un essaim, ceci depuis des années.

C’est en me formant auprès d’un des meilleurs experts mondiaux, que j’ai compris que j’étais un « apiculteur caillou. »

Mais pour cela il a fallu plusieurs conditions.

La première, je désirai ardemment me former, pour mieux faire, avec de meilleurs résultats, et moins d’efforts.

La deuxième, sa formation se fait sur le terrain, dans ses ruchers. Il nous montre, on fait.

La troisième, quand il n’est plus là, je pratique, dans mes ruchers. Quand je vois que je suis dans la merde, je me dis : il a raison, il utilise le bon outil, de la bonne façon, avec les bons résultats, et beaucoup moins d’efforts. Ce qui me permet de décider de changer mes pratiques. Et là, il y a du boulot.

C’est cependant plus facile que pour le Lean. Je suis le seul concerné, les abeilles n’ont pas leur mot à dire.

Pour le lean, le manager doit déjà décider de se changer lui même – son épouse à abandonné depuis longtemps l’idée de le faire évoluer-, mais ses équipes sont concernées – managers de terrain et opérateurs. Le plus gros rocher à bouger est malgré tout, le manager, car il sait tout et surtout utiliser des cailloux.

Pour vous former à l’apiculture, c’est ici.

Pour vous former au lean, c’est là.

Allez-vous lâcher vos cailloux ?